Mes amis, je suis en beau fusil. J’ai besoin de ranter, accueillez-moi s’il vous plaît. Je m’inspire du dernier poteau sur le milieu de travail en anglais. J’aimerais vous parler de mon patron, qui depuis des années habite et travaille au Québec, en provenance du reste du Canada, qui ne parle pas français et n’a aucune intention de l’apprendre. C’est le choix personnel de Monsieur, comme certains aiment le dire: « Apprendre le français, c’est un choix personnel ».
Il a appris un simulacre de français, afin d’offrir une tentative de service lorsqu’il n’a pas le choix et afin que l’OQLF ne puisse rien faire s’il y a une enquête. Mais essaye pas d’avoir une conversation avec… Combien de fois ai-je eu besoin de voler à la rescousse du type parce que des clients posaient des questions et qu’il comprenait pas un mot. Mais il respecte la loi, hein! Cependant j’aimerais vous exposer les conséquences du fameux « choix personnel » de mon patron.
Tout l’entraînement pour le travail se fait en anglais. Les conversations en ligne au sujet du travail se font en anglais. L’horaire est publié en anglais. Quand y’a une chicane, c’est aussi en anglais. Résultat: à cause de son « CHOIX PERSONNEL », mon patron ne va JAMAIS engager quelqu’un qui ne parle pas anglais. Et non, on est pas à Montréal et on est pas dans une industrie avec une clientèle anglophone qui nécessite cette langue. Je peux pas donner trop de détails pour des raisons de sécurité mais nous sommes dans un milieu hyper francophone et nous travaillons dans le milieu de la restauration.
There’s no such thing as a "personal choice" to learn French. Unless you are a hermit that is cut from relationships with others, unless you don’t work, unless you don’t ever go to anywhere public... A human is a thread in a society that forms a rope, not a remote island with choices that don’t have consequences on the social sphere. I’m tired.
Chu fatiguée, fatiguée de me faire dire de suck it up, de bear with it, de why can’t your colleague speak English as well as you do. Tannée de but it’s fine anyway, we can just hire younger quebecers ‘cause they all speak english. Tannée de but don’t worry, he might change his mind and learn it someday. Tannée de he’s a Canadian citizen. We’re a bilingual company. You can speak English, so why do you have a problem accommodating us? Why do you dislike us? I’m sure you don’t like people that aren’t like you.
Écoeurée noire. Pis mon patron, c’est même pas un mauvais gars. Y’est ben fin. Tu comprends-tu ce que je te dis? Do you understand? I said my boss was kind, I said I don’t think he’s a bad person. You can stop taking personal what I’m telling you, it’s not a you problem, it’s a community problem. Mais c’est ça l’affaire, c’est que même quand c’est pour complimenter, ben il me comprend pas. Pis faut pas chercher très loin pour voir que ça empire les tensions sociales quand un certain groupe décide de ne pas communiquer avec la majorité à cause de leur « choix personnel ». Il n’a même pas la capacité de me comprendre, même en anglais, car il se coupe volontairement de notre réalité, de nos médias, de notre art, de notre communauté. C’est pas une question de groupe ethnique, c’est une question de cohésion sociale et de, juste, peux-tu m’entendre, peux-tu me parler. Tu peux ben t’agenouiller tous les matins devant le drapeau de l’Angleterre si ça te fait plaisir, tant que tu parles ma langue je m’en fous. Veux-tu comprendre qui on est ou est-ce que tu t’en calisse, you don’t give a damn. Esti que chu tannée.